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Lumière et Architecture médiévale, une histoire au passé?
De nos jours, nous rencontrons sur les sites, certes des touristes
plongés dans le Guide Vert qui souligne tel point intéressant, tel
autre qui mérite un détour, ou la merveille qui vaut le voyage Mais
nous côtoyons aussi une autre population de gens qui à la manière
des pèlerins, viennent chercher auprès de leurs racines, un
ressourcement pour mieux vivre leur quotidien, par exemple, ces
nombreux Anglais sillonnant l’Anjou, le Poitou, la Saintonge,
l’Aquitaine, sur les traces des Plantagenêts et d’Aliénor.
L’architecture médiévale encore visible de nos jours, est
essentiellement religieuse et nous a légué un nombre impressionnant
de sites. Partout, historiens de l’art, guides professionnels,
s’attachent, avec talent, à nous expliquer COMMENT ces
édifices ont été construits et les étapes franchies pour parvenir
jusqu’à nous. Mais au fil des siècles, la façon de voir et de penser
le monde, est telle que nous ne pouvons comprendre le POURQUOI
de cette architecture religieuse médiévale, que si on fait l’effort
de la situer dans son époque.
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Notre connaissance de la nature, de l’homme, est fondée sur une série
d’analyses, d’expériences dont on tire des conclusions. Ce qui se
voit, se mesure, constitue le réel, tandis que ce qui est
inaccessible à notre raison compose l’irréel, l’imaginaire. Au
Moyen-Âge, et bien avant, la situation était exactement inverse : ce
qui était physique, accessible, était soumis au temps et donc voué à
disparaître. En revanche, le réel était ce qui appartenait à un
monde supérieur, hors du temps, où tout demeure.
Pour la pensée ancienne, le monde où nous vivons - le monde profane -
n’est que le reflet du véritable monde, le monde divin. N’oublions
pas que la Bible constitue l’un des piliers de la pensée médiévale.
Le monde divin est celui de l’ETRE, Lui seul EST
véritablement. Aussi, comme notre monde est un reflet du monde
divin, il est parsemé de signes qui renvoient à l’ETRE, comme
les fragments d’un puzzle renvoient au modèle de puzzle. Ces signes
sont les symboles, qui sont signes par ce qu’ils sont : l’eau est
symbole de vie parce qu’elle donne la vie. Le langage symbolique est
donc particulièrement adapté à évoquer le sacré, à rendre compte des
relations entre les êtres et avec l’ETRE.
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La Symbolique de la Lumière
On associe
naturellement la mort aux ténèbres et la vie à la lumière. Depuis
l’Antiquité, la relation DIVINITE / LUMIERE est connue. Dans
la mythologie grecque, APOLLON, fils de Zeus, est le dieu du jour et
de la lumière. Le thème de la lumière est très présent dans les
psaumes de la Bible (Ps. 36, Ps. 27). Dans l’Evangile
de St Jean, Jésus est assimilé à la lumière et le Credo du Concile
de Nicée en 325 déclare « Jésus, Dieu né de Dieu, lumière née de
la lumière ». Aux IV° et V° siècles, les Pères de l’Eglise vont
développer cette théologie de la lumière, et un philosophe grec du
5° siècle, le pseudo-Denys l’Aréopagite, va poursuivre cette
perspective théologique : Dieu est lumière ; chaque créature, à la
place où elle est située dans l’échelle des êtres, reçoit cette
lumière et la transmet à son tour
La recherche de la lumière a commandé l’évolution
de l’architecture religieuse : les architectes ont appris petit à
petit à maîtriser les règles physiques de l’éclairement de
l’édifice : prise de lumière dans les parties basses, ensuite larges
tribunes, création de clair étage dans les parties hautes, puis
recherche d’éclairement par le transept, et plus encore sur le
pourtour du chœur, lieu privilégié par où infuser la lumière, enfin
l’échelonnement des volumes dans la périphérie du chevet.
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Ainsi, à partir du
XI°siècle, l’architecture romane a su créer des ambiances lumineuses
incitant à la réflexion et à la méditation. Puis la dynamique de
l’architecture gothique reposera sur des ouvertures toujours plus
grandes à la clarté extérieure ; enfin la lumière du vitrail
deviendra par elle-même manifestation de Dieu.
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